Le documentaire The Plastic Detox, diffusé sur Netflix au printemps 2026, a mis en lumière le lien entre l’infertilité et la présence de plastique dans le corps humain. Dès sa sortie, une véritable trend a envahi TikTok : des centaines de personnes se sont filmées sur les réseaux sociaux en train de se débarrasser des produits plastiques présents chez elles.
Cette année, la semaine du développement durable se déroule du 18 septembre au 8 octobre et a pour thématique l’alimentation durable. La question du plastique est indissociable des enjeux alimentaires.
Selon l’ADEME, trois leviers sont indispensables pour une alimentation durable :
Produire des aliments à faible impact environnemental et promouvoir leur consommation.
Faire évoluer les pratiques alimentaires pour réduire l’impact environnemental de notre assiette.
Réduire drastiquement les pertes et le gaspillage sur toute la chaîne alimentaire.
Le plastique joue un rôle dans ces trois leviers : quel est l’impact des emballages alimentaires en plastique sur notre santé ? Où en sont les études sur le sujet ?
Le terme microplastique a été inventé en 2004 par Richard Thomson, à l’issue de la découverte de petits bouts de plastique sur les plages. Depuis, les chercheurs n’ont pas eu besoin de chercher très loin pour trouver du plastique dans l’environnement : des fonds marins jusqu’au sommet de l’Everest, le monde en est envahi.
Le cas des océans est révélateur. Évalué à 5 000 milliards de particules en 2014, ce total a atteint 24 400 milliards dans les couches supérieures des océans selon une étude récente de l’université de Kyushu. C’est l’équivalent de 30 milliards de bouteilles d’eau en plastique !
Un microplastique est une particule de plastique mesurant généralement entre 1 micromètre et 5 millimètres de diamètre.
On considère que les animaux marins sont davantage exposés que les autres à l’ingestion de plastique. Des microplastiques ont été retrouvés dans le sel marin, le sucre, le miel ou la neige. Et les humains ne sont pas épargnés : des particules plastiques ont été détectées dans la plupart de nos organes : dans le sang, les poumons, le foie, le placenta et même le lait maternel.
La communauté scientifique identifie deux types de dangers principaux : l’effet physique de la particule dans nos tissus et l’effet chimique des substances toxiques qu’elle relargue. Problèmes respiratoires, altération du microbiote intestinal, risques cardiovasculaires, malformations, inflammations chroniques sont des exemples de ce que ces deux dangers peuvent entraîner.
Jusqu’à maintenant, le lien entre présence de plastique et dysfonctionnement des organismes vivants a été mis en évidence dans le cadre de plusieurs études, mais celles-ci peinent à être catégoriques sur le sujet.
En effet, isoler l’impact du plastique des autres produits chimiques et perturbateurs endocriniens est très complexe.
Les études sur le plastique montrent que la chaleur joue un rôle prépondérant dans la décomposition du matériau. Elle dégrade la structure du plastique et accélère massivement la migration des microparticules et des additifs chimiques (comme les phtalates ou le bisphénol) vers la nourriture, dans le cas de boîtes repas ou de plats en plastique.
Selon le CNA, le secteur agroalimentaire représente près de 68% du secteur d’activité des emballages plastiques – alors les bonnes pratiques de ce côté-là sont indispensables ! En voici une liste non-exhaustive :
Ne pas chauffer ses plats ou gourdes en plastique
Ne pas y verser de liquide chaud ou laver à trop haute température
Ne pas conserver une bouteille plastique à usage unique trop longtemps
Eviter les planches à découper en plastique
Préférer les emballages en verre et inox, les ustensiles en bois et en métal.
Alors que nous écrivons cet article, des recherches montrent des taux de cadmium particulièrement élevés dans l’alimentation, en particulier les céréales. Certains territoires français connaissent des concentrations inédites de chlorure de vinyle monomère dans l’eau potable à cause des canalisations en PVC vieillissantes. Certaines eaux dites “de source” sont très chargées en microplastiques à cause de la pollution des sols, sans parler des PFAS… difficile d’y voir clair.
Continuer à bien s’informer, éviter les produits transformés et sur-emballés, avoir une activité physique régulière, militer et voter pour un droit à une alimentation saine pour toutes et tous permet d’aller dans le bon sens.
La militante Djamila Houache est un exemple de lutte : son frère est décédé à la suite d’une légionelle due à l’ingestion d’une eau du robinet contaminée dans la cité Air Bel à Marseille. Depuis, elle a fait de l’accès universel et sécurisé à l’eau potable le combat d’une vie.
L’alimentation durable, au-delà des bonnes pratiques, consiste à initier des changements systémiques dans la manière de s’approvisionner, notamment en ville, partager les ressources et développer une agriculture respectueuse de l’environnement.
L’ADEME a identifié des priorités pour procéder à ces changements : l’innovation et l’écoconception des filières, l’évolution de l’offre alimentaire et le déploiement de démarches plus locales et territoriales, comme les Projets Alimentaires Territoriaux, qui permettent de relocaliser l’agriculture et de créer des circuits de consommation plus courts en incitant à la consommation locale.
Que ce soit des cantines bio, la sécurité sociale alimentaire ou des aides financières pour les petits producteurs, différents leviers sont à l’œuvre pour aller vers un modèle d’alimentation durable. À table !
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