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L’IMPACT DE LA CRISE SUR LE SECTEUR DU RECYCLAGE

Chaque mardi, Lemon Tri vous propose une grille de lecture simple pour déchiffrer l’actualité du monde du recyclage : nouveaux gestes de tri, retour du plastique à usage unique, bouleversements des filières… Cette semaine, zoom sur le secteur du recyclage et la manière dont ce dernier doit se réorganiser face à la crise.

Un marché et ses filières secoués par la crise du coronavirus

Depuis le début de la crise sanitaire, la gestion des déchets a été au coeur de nombreuses préoccupations. La collecte et le tri, dont nous avons parlé dans nos articles précédents, ne sont en réalité que deux étapes d’un processus industriel complexe, faisant intervenir de nombreux acteurs. En effet, le secteur du recyclage français est connecté à d’autres pays européens (pour l’importation et l’exportation de matières par exemple) et dépend largement de la loi de l’offre et de la demande. L’économie du secteur a été fortement impactée par la crise, ce qui n’est pas sans incidence sur l’environnement.

Une chute de l’offre de matières recyclées

Tout d’abord, le volume global des déchets collectés a baissé depuis le début du confinement, notamment en raison de la fermeture des commerces et des restaurants. Ajoutant à cela la fermeture de nombreux centres de tri, la quantité de déchets envoyée en filières de recyclage a chuté ces dernières semaines, entraînant une baisse de l’offre de matières recyclées. Selon Citeo, l’éco-organisme qui pilote la gestion des déchets d’emballages, toutes les filières n’ont pas été impactées de la même manière. Si les cartonniers disposent de stocks, les verriers, eux, sont quasiment à l’arrêt, faute de matière à recycler.

Les impératifs sanitaires induisent par ailleurs des complexités logistiques nouvelles qui perturbent par exemple les circuits de consigne, un des système de collecte les plus efficaces et vertueux pour l’environnement. La situation est ainsi délicate au Québec, où certains commerçants refusent de récupérer et stocker les bouteilles consignées, tandis que les collecteurs n’acceptent de les prendre qu’après un délai de quarantaine. La conséquence directe de cette situation est une forte baisse du taux de collecte et a fortiori, du taux de recyclage des bouteilles en plastique et des bouteilles en verre, deux emballages dont les processus de recyclage sont pourtant bien maîtrisés.

Des inquiétudes du côté de la demande

Les filières, dont la chaîne d’approvisionnement est perturbée, rencontrent également des difficultés du côté de la demande. Le recyclage du métal est par exemple pénalisé par la fermeture des déchetteries professionnelles ainsi que par un ralentissement de la demande de l’industrie automobile qui est l’un de ses principaux débouchés. Les recycleurs de plastique constatent également un repli de la demande, accentué par la baisse du coût du pétrole qui rend le plastique recyclé de moins en moins compétitif par rapport au plastique vierge.

La crise déstabilise ainsi l’ensemble du secteur du recyclage, de la collecte à la transformation des matières. Ceci est à mettre en parallèle avec le boom de la demande en plastique à usage unique, pour alimenter les chaînes de production d’équipements sanitaires jetables, et celles des emballages plastiques, qui ont fait leur grand retour dans les supermarchés. Se pose, entre autres, la question de notre capacité à traiter ces nouveaux déchets, pour la plupart non recyclables. Alors que le retour au local est plébiscité dans de nombreux secteurs de l’économie, selon des considérations à la fois environnementales et stratégiques, il est important de rappeler que la France et l’Europe ne produisent pas de pétrole, matière première du plastique vierge. La vitalité du secteur de l’économie circulaire aura ainsi une incidence sur la géométrie du “monde d’après” que nombreux appellent de leurs voeux.

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