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VERS UN DÉCONFINEMENT CIRCULAIRE ?

Chaque mardi, Lemon Tri vous propose une grille de lecture simple pour déchiffrer l’actualité du monde du recyclage. : nouveaux gestes de tri, retour du plastique à usage unique, bouleversements des filières… Cette semaine, on s’intéresse au modèle circulaire et à ses nombreux avantages pour façonner le “monde d’après”.

Une crise qui a mis à jour plusieurs failles

La crise sanitaire a mis en lumière différentes failles dans notre système économique mondialisé. Notre dépendance au jetable, aux produits importés de l’étranger, nos difficultés à produire localement mais aussi à réutiliser des matériaux déjà présents sur nos territoires sont autant de facteurs qui affaiblissent notre capacité collective à faire face aux crises. Le modèle économique linéaire “je fabrique, je consomme, je jette” jusqu’ici dominant, a montré ses limites pour répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux de demain.

À l’heure du déconfinement, il n’y a pas de consensus sur les priorités de la reprise. Certains insistent sur la résilience et l’écologie, d’autres s’inquiètent de la compétitivité de l’économie française. Deux impératifs que l’économie circulaire pourrait réconcilier. Ce modèle permet en effet de produire des biens et des services de manière durable, en limitant la consommation et le gaspillage des ressources (matières premières, eau, énergie …) ainsi que la production de déchets, en favorisant le recyclage et le réemploi.

L’économie circulaire pour répondre aux enjeux du monde d’après

Le modèle circulaire, récemment encouragé par les législations française et européenne, présente le double avantage de préserver les ressources naturelles tout en créant des emplois non délocalisables. Ces deux caractéristiques en font un modèle vertueux, particulièrement en période de crise. En effet, les perturbations qu’ont connu les chaînes d’approvisionnement internationales et les systèmes de gestion en flux tendus démontrent la valeur d’un ancrage territorial fort et de la maîtrise des matières premières. L’absence de gisements de pétrole, de sable ou encore de bauxite en Europe, matières premières essentielles dans la production d’emballages, souligne aussi l’intérêt du modèle circulaire d’un point de vue autonomie et résilience. La question de l’approvisionnement en masques a bien illustré cette idée car l’import massif de masques à usage unique en provenance de pays étrangers présente les faiblesses suivantes : production importante de déchets, dépendance envers les stocks d’autres pays, coûts économiques et écologiques du transport.

D’un point de vue économique et social, l’économie circulaire est un véritable vivier d’emplois. 300.000 pourraient être créés dans le secteur à l’horizon 2030, selon les projections du gouvernement. Les données suivantes sont parlantes : 10.000 tonnes de déchets en décharge n’emploient qu’une personne, alors que leur recyclage permet d’en employer trente aux profils et compétences variées. Sachant qu’un tiers des biens collectés en centres de recyclage pourrait être réutilisé, et que le réemploi et la réparation de 10.000 tonnes de biens usés nécessitent elles 296 personnes…

Comment y parvenir ?

Pour “circulariser” notre économie, différents ajustements sont nécessaires. Des investissements conséquents pour convertir les chaînes de production et développer des filières locales sont indispensables. Car aujourd’hui, le modèle circulaire est mis en difficulté par les difficultés logistiques liées à la crise, mais également par la fermeture de filières à l’étranger (cf notre précédent Radio Citrus sur le secteur du recyclage). La relocalisation permettrait ainsi de garantir aux différentes filières du réemploi et du recyclage des débouchés locaux. Pour Nicolas Hulot, un plan de financement massif de plusieurs milliards d’euros doit être investi à l’échelle des collectivités pour créer des emplois, du lien social et accompagner les territoires dans leur transition écologique.
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Ces préconisations font écho aux consultations citoyennes lancées par le collectif du #JourdAprès, ou encore l’initiative “Inventons le Monde d’Après” qui plébiscitent la sobriété, car cette crise nous a poussé à distinguer l’essentiel du superflu. Pour réparer et faire vivre nos objets plus longtemps ou assurer une seconde vie à ceux dont on veut se séparer, les acteurs de l’économie circulaire (ateliers de réparation, recycleries…) doivent se renforcer et se multiplier.

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