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NOUVELLES PRATIQUES SANITAIRES, NOUVEAUX DÉCHETS :
LES ENJEUX DE LA GESTION DU MATÉRIEL DE PROTECTION JETABLE

Chaque mardi, Lemon Tri vous propose une grille de lecture simple pour déchiffrer l’actualité du monde du recyclage : nouveaux gestes de tri, retour du plastique à usage unique, bouleversements des filières… Cette semaine, on fait le point sur les équipements sanitaires individuels jetables, les enjeux environnementaux que soulèvent leur utilisation à grande échelle et ceux liés à la gestion de ces nouveaux déchets.

En réponse à la crise, une consommation généralisée d’équipements de protection jetables

À l’approche du déconfinement, les masques, encore réservés au personnel médical il y a quelques semaines, sont désormais disponibles à la vente libre en grande surface. Qu’ils soient réutilisables ou à usage unique, ces masques, au même titre que les gants en latex ou autre matériel de protection contre le virus, appartiennent à une catégorie de déchets potentiellement infectieux. Ils doivent pour cette raison faire l’objet d’un traitement particulier, et la massification de leur utilisation soulève différents enjeux, tant sur le plan sanitaire qu’environnemental. En effet, selon les estimations d’Alexis Krycève, rien que les masques pourraient représenter à terme 300 000 tonnes de plastique à gérer par an.

Des enjeux sanitaires : se protéger et protéger les autres

Afin de se protéger et protéger ceux en charge de la collecte des déchets, il est essentiel d’adopter de nouveaux comportements, à son domicile comme sur son lieu de travail. À la maison, les consignes communiquées par Citéo sont claires : tous les déchets potentiellement infectés doivent être isolés dans un sac plastique résistant, fermé et mis de côté pendant au moins 24 heures avant d’être déposé dans le bac des ordures ménagères. En entreprise, le Ministère du Travail recommande de prévoir des poubelles à pédale pour les déchets infectieux afin de les isoler et de limiter au maximum les risques de contamination. S’il n’est pas possible de mettre en place des équipements spécifiquement dédiés, les déchets infectieux doivent être intégrés au tout-venant, l’essentiel étant de bien préserver les déchets recyclables qui sont manipulés par des agents de collecte et de tri.


Consigne déchets Citéo
Les consignes communiquées par Citéo pour la gestion des déchets potentiellement infectieux dans les foyers


Consigne déchets infectieux entreprises
Lemon Tri propose des solutions pour gérer les déchets potentiellement infectieux en toute sécurité en entreprise

Des enjeux environnementaux : concilier écologie et sécurité

La généralisation du port du masque et d’autres équipements sanitaires individuels laisse entrevoir un important gisement de nouveaux déchets. Pour ne parler que des masques, qu’il est recommandé de changer en moyenne toutes les 3 à 4h, la consommation individuelle pourrait s’élever à 3 unités par jour! Des stocks de masques très importants sont donc à prévoir, dont une grande partie repose aujourd’hui sur des commandes passées à des pays étrangers, comme la Chine, justifiées par l’urgence de la situation. Avant tout, il est primordial que ces équipements ne soient pas jetés sur la voie publique, un geste qui serait incompatible avec la prudence et la responsabilité collective que requiert cette période de crise. Un tel comportement peut d’ailleurs faire l’objet d’une verbalisation dans certaines communes. Afin de limiter l’empreinte écologique de ces masques à usage unique, la piste du recyclage est à l’étude, bien que la mise en place d’une filière de collecte et de traitement semble particulièrement complexe à l’heure actuelle (voir l’étude à ce sujet).

Les citoyens peuvent également opter pour des masques réutilisables, plus compatibles avec un mode de vie zéro déchet. Il faut toutefois souligner que leur utilisation n’est pas neutre pour l’environnement. Il est en effet recommandé de les laver en machine de manière quotidienne à forte température, ce qui, à très grande échelle, peut avoir des conséquences significatives sur notre consommation d’eau, d’électricité, de lessive etc. Il faut par ailleurs être attentif au type de tissu utilisé, ainsi qu’à sa provenance, car beaucoup de masques proposés sur le marché sont importés. Bonne nouvelle, il est aussi possible de consommer local car de nombreuses entreprises françaises, et notamment de l’Économie Sociale et Solidaire, se sont mobilisées pour adapter leur activité et fournir des masques grand public (voir le projet Résilience à ce sujet).

En tout état de cause, rappelons que la priorité est de prendre soin de soi et des autres, et qu’il ne faut en aucun cas mettre dos à dos impératifs sanitaires et écologiques. Soyons néanmoins conscients des impacts environnementaux de cette crise et essayons, dans la mesure du possible, de concilier sécurité et éco-responsabilité !

Lire les précédents Radio Citrus sur le plastique à usage unique et les centres de tri.

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